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Chien agressif : pourquoi mon chien a mordu ?

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Voici un cas de chien agressif rencontré chez un vétérinaire: un couple de grands-parents arrive dans le cabinet avec Brutus, leur Boxer mâle de neuf ans. Ce dernier a mordu au visage Mélissa, leur petite fille de quatre ans qui leur rend visite chaque semaine. Le discours des propriétaires de Brutus est le suivant: “On ne comprend pas ! Il a toujours été gentil et il a mordu notre petite fille sans raison !” Scène déconcertante mais malheureusement fréquente…

Une agression vraiment « sans raison » ?

Cependant, lorsque le vétérinaire interroge le couple sur le contexte de l’agression, certaines choses deviennent plus claires. En effet, la dame était en train d’aspirer son chien (“Brutus aime bien les aspirateurs” selon elle) alors que celui-ci était dans son panier, lorsque la petite fille est arrivée pour lui faire un câlin. Et là, c’est le drame ! Maintenant que l’on connaît les circonstances de cet acte, cela change pas mal de choses non ? On se rend compte que plusieurs fausses idées et comportements inadaptés de cette famille sont intervenus pour en arriver à cette morsure.

Le chien semble attaché, la petite fille est appuyée contre lui et retient sa tête pour la photo… Dans ce genre de situation c’est bien souvent le visage (siège de nos cinq sens !) qui est exposé au risque de morsure.

Le danger des à priori et du comportement des victimes

Tout d’abord, penser que parce qu’un chien a toujours été “gentil”, qu’il n’a jamais mordu auparavant signifie que l’on peut écarter tout risque d’accident est totalement faux ! Même les chiens n’ayant aucun passif d’agressivité ont un seuil de morsure. Il faut savoir également que les morsures sont particulièrement fréquentes chez les enfants. Et dans la plupart des cas, elles sont infligées par des chiens n’ayant jamais mordu auparavant.

Ensuite, après avoir discuté plus longuement avec les maîtres de Brutus, le vétérinaire s’est rendu compte que ceux-ci n’avaient pas une bonne perception du comportement de leur compagnon. Comme de nombreux chiens, Brutus n’apprécie tout simplement pas l’aspirateur, souffrant peut-être même d’une phobie aux bruits. Bien sûr, pour le couple, cela n’explique probablement pas pourquoi l’animal a réagi de la sorte. Leur petite fille voulait juste entrer dans une interaction bénigne avec le chien au travers d’un contact tout à fait “primate” qu’est le câlin.

Oreilles en arrière, blanc des yeux bien visible et expression de panique, voilà à quoi devait ressembler l’attitude de Brutus lorsque sa maîtresse passait l’aspirateur sur son dos.

Un problème de communication…

Il a alors fallu leur faire comprendre que l’aspirateur a déclenché chez lui un stress important. Il a probablement envoyé des signaux pour prévenir de son malaise, mais ces personnes (comme beaucoup d’autres d’ailleurs) n’étaient pas forcément en mesure de les relever et encore moins de les comprendre. Ne voyant pas d’issue à son calvaire (la dame le maintenait pour qu’il reste calme pendant qu’elle l’aspirait), l’agression est arrivée sur la première personne venant ajouter une forme d’oppression (le câlin de la petite fille).

Bien sûr, cette famille n’est pas à stigmatiser car, comme nous l’évoquions dans un précédent article, nous ne sommes pas toujours équipés pour comprendre le comportement canin. Mais quand on décode un acte d’agression, on s’aperçoit que dans de nombreux cas, des erreurs sont commises du côté des propriétaires. Et c’est là que le vétérinaire doit intervenir pour répondre à leurs questions, les rassurer, les convaincre que leur chien n’est pas euthanasiable et les conseiller pour vivre en toute sécurité avec lui.

Les cinq éléments déclencheurs de l’agressivité

Pour pouvoir appréhender les différentes causes possibles du problème de l’agressivité chez le chien, il faut s’imaginer quatre pièces d’un puzzle de taille égale. Ces pièces représentent les facteurs génétiques et environnementaux précoces, la santé physique et mentale, la socialisation/l’éducation et enfin, le comportement de la victime. Les trois premières pièces du puzzle peuvent entraîner un acte d’agressivité déconnecté du contexte, une agression de l’ordre de l’ “idiopathique”. Le tapis sur lequel vous réalisez ce puzzle représente quant à lui le contexte, autrement dit les facteurs sociaux et culturels.

Quand la génétique et l’environnement s’en mêlent…

L’influence génétique existe quel que soit le comportement considéré (y compris l’agressivité), mais cette influence est répartie sur toutes les races canines. Il n’y a donc pas d’espèce agressive, il y a des individus agressifs. En ce qui concerne les facteurs environnementaux précoces, cela se passe bien souvent chez l’éleveur. Par exemple, la présence de la mère et des frères et sœurs permet un bon développement du comportement des chiots, qui doivent notamment apprendre à contrôler leur morsure par le jeu.

C’est dès le plus jeune âge, entre frères et soeurs, que les chiots apprennent à contrôler leur morsure.

Les troubles physiques, psychiques et comportementaux

La santé physique et mentale de l’animal est bien évidemment à prendre en considération. Les maladies, douleurs post-opératoires ou post-traumatiques, les troubles pathologiques du comportement, les processus dégénératifs causés par le vieillissement tels que l’arthrose, la cécité, la surdité, etc. peuvent effectivement augmenter le risque d’agression.

La socialisation et l’éducation sont également essentiels. Les chiots qui vivent dans un milieu pauvre en stimuli et qui sont isolés socialement pendant les 6 premiers mois de leur vie ont plus de risques de développer des troubles du comportement (anxiété, agressions, etc.) à l’âge adulte.

Quid de la victime ?

Enfin, le comportement de la victime joue un rôle bien évidemment décisif. Et il est important de noter encore une fois que les enfants restent les premières victimes. Des études sur les morsures de chiens chez les enfants rapportent que par rapport à la population moyenne, les enfants se font mordre deux fois plus souvent. La plupart des accidents ont lieu dans l’environnement familial (à la maison), le jeune enfant (moyenne 5 ans) se faisant mordre par le chien de la famille. Et dans les trois quarts des cas, la morsure est bien provoquée par une action de l’enfant. Cela peut se produire au cours d’un jeu avec le chien, au moment d’une caresse, dans une interaction au moment où le chien dort ou mange, etc..

Les enfants sont souvent excités autour du chien et ils ne connaissent que la tête de l’animal pour faire une « caresse »… Stressé, votre chien peut monter très vite dans les tours !

L’échelle de l’agression

Il existe une grille d’évaluation concernant le comportement d’agression chez le chien, appelée “échelle de l’agression”. Cette échelle définit différents signaux que le chien va envoyer lorsqu’il se sent stressé ou menacé et dont l’étape ultime est la morsure. Attention tout de même que la vitesse de franchissement de ces étapes peut être plus ou moins rapide en fonction de la race et de l’individu. En général, lorsque des erreurs sont commises dans une interaction avec le chien, celui-ci peut soit entamer des jeux (montées et descentes) dans l’échelle tout en restant relativement cool soit monter très vite dans les tours.

Vivre en toute sécurité avec son compagnon à quatre pattes

En conclusion, il est important d’apprendre à connaître le comportement de son chien. Les propriétaires disent souvent qu’il ne manque que la parole à leur animal. S’ils n’ont effectivement pas la parole, ils ne communiquent pas moins pour autant avec nous. Apportez à votre compagnon un environnement agréable et des interactions adéquates. Trouvez aussi un bon équilibre entre ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire (pas que la carotte mais aussi de la fermeté toujours sans violence !). Et apprenez à détecter les signaux avant-coureurs d’un stress et d’une agression potentielle pour désamorcer au mieux une situation dangereuse.

Lorsque vous dites “Non !” à quelqu’un, vous appréciez certainement qu’il réagisse en arrêtant l’acte qui vous gêne, c’est la même chose avec votre animal. Pensez à votre niveau d’agacement et à la manière dont vous êtes susceptible de réagir après trois “Non !” consécutifs… Heureusement que vous n’avez pas de crocs n’est-ce pas ?!

Source: C. CARRASCO-LEROY, Éthologie et bien-être animal, Cours (2ème Bac Agronomie – Finalité Technologie Animalière), Fleurus, HELHa, 26/10/17.

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